Accueil Actualités La circulation différenciée à Bordeaux : Une mesure au rabais, une pollution au top

La circulation différenciée à Bordeaux : Une mesure au rabais, une pollution au top

La nouvelle mesure de la Préfecture pour limiter la pollution de l’air est largement insuffisante et ne répond ni aux besoins environnementaux ni aux réalités de la mobilité.

Depuis plusieurs mois nous tirons la sonnette d’alarme sur la qualité de l’air à Bordeaux. La préfecture de la Gironde vient de publier le 24 mars l’arrêté instaurant le dispositif de circulation différenciée dans l’agglomération bordelaise.

Or ce qui devait être une excellente nouvelle s’est révélé, hélas, une occasion ratée. La liste d’exceptions, longue comme le bras, dénature la mesure jusqu’au point où son intention originelle est méconnaissable. L’interdiction de circulation ne s’appliquera pas à la rocade, l’axe le plus fréquenté de la région. Surtout, elle ne s’appliquera qu’à partir de 3 jours consécutifs de pics de pollution : or un tel évènement est si rare que ces deux dernières années la mesure n’aurait pu s’appliquer que deux fois !

Par ailleurs, l’indice de pollution utilisé pour mesurer les pics de pollution n’intègre pas les particules fines PM 2.5, qui, depuis le 1er janvier, sont prises en compte pour évaluer la qualité de l’air par l’ATMO Nouvelle-Aquitaine. Ainsi l’activation de la circulation différenciée ne sera pas directement liée à ces alertes de pollution PM 2.5, compliquant d’autant plus la lisibilité et la compréhension de ce dispositif par les Girondines et Girondins.

Face à ces constats, et pour une mesure réellement efficace, les élu·e·s EELV et Génération·s rappellent leurs propositions, versées à la consultation publique, et regrettent leur absence de prise en compte :

  • L’activation de la circulation différenciée (Crit’Air 4 et 5) dès le lendemain de l’annonce d’un pic de pollution.
  • Un renforcement de la mesure au 4ème jour d’alerte (Crit’Air 3).

Et pour offrir à chacune et chacun une alternative à la voiture individuelle :

  • L’exception pour les covoitureurs avec 2 personnes/véhicule.
  • La gratuité des plates-formes de covoiturage.
  • La gratuité du stationnement résidentiel pour inciter les personnes qui vivent dans le périmètre concerné à prendre les transports en commun.
  • La gratuité des transports publics valable dès l’annonce du pic de pollution.
  • La gratuité de l’abonnement courte durée (ticket 24h et 7 jours) pour les VCub.

Stéphane SAUBUSSE (Président du groupe Génération·s – EELV au Département de la Gironde) et Laure CURVALE (Vice-présidente chargée des Mobilités – Transition énergétique et précarité énergétique)

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